Portrait de Yuri – Japon

Portrait de Welcomer 

 

 

Nous vous présentons le portrait de notre nouvelle Welcomeuse Yuri !

(Interview : passages sélectionnés par nos soins)

 

 

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

 

 

Oui avec plaisir, je m’appelle Yuri Saiko, je suis d’origine japonaise et j’ai vécu un peu partout pendant mon enfance. Je suis dans la région depuis maintenant quinze ans.

 

Je suis venue ici pour étudier mon master en affaires internationales et je suis ensuite restée pour travailler dans les organisations internationales à Genève. Fin 2016, j’ai décidé de quitter l’ONU où je travaillais car j’en avais un peu marre de faire sans arrêt la même chose et d’accumuler les contrats à court terme.

J’ai fait mon dernier voyage d’affaires au Japon en novembre 2016.

 

 

Comme je me suis un peu éloignée de mon pays, j’ai décidé de reprendre le japonais et de me réapproprier ma langue maternelle. Après avoir entendu parler du livre de Marie Kondo par des amis sur Genève, j’ai décidé de l’acheter et de le lire dans ma langue maternelle, en version originale.

J’ai aussitôt été inspirée, et comme j’avais un peu de temps devant moi et que je n’étais pas prête à reprendre le travail à 100% après mon dernier contrat à l’ONU, j’ai pris la décision de voir ce que cette méthode de rangement allait donner.

Je me suis ainsi lancée, cela m’a pris près d’un mois en suivant à la lettre le livre de Marie Kondo. J’ai finalement réussi à tout ranger chez moi et je me suis rendu compte que ça me parlait beaucoup, chaque anecdote m’a inspiré, je me retrouvais complètement dans la méthodologie.

La première chose est d’idéaliser sa vie, de réfléchir à sa vie idéale.

Et pour moi à ce moment-là, ma vie idéale était de trouver un job permanent dans une organisation internationale. Et finalement j’avais rangé, j’avais réussi à focaliser toute ma vie, et orienter mes affaires vers cet objectif.

J’ai trouvé le fameux travail idéal en mai 2017, c’était tout ce que j’avais visualisé avec un emploi permanent, en CDI, j’étais très contente. Je pensais avoir réussi, grâce à cette méthodologie, à vraiment affiner ce dont j’avais besoin et me concentrer sur cela. Donc pour moi c’était un bon résultat.

Sauf que, une fois que j’ai commencé à travailler, je ne parlais que de Marie Kondo et la méthode Konmari à tout mon entourage.

Oui, j’adorais mon travail mais en même temps, j’avais cette autre passion qui était née. Cette méthode m’avait tellement inspirée et aidée à y voir plus clair, à trouver mon objectif et à l’atteindre que j’en parlais à tout le monde.

J’ai remarqué que les gens étaient très intéressés par cette méthode. Mais je me sentais frustrée car peut-être qu’ils allaient lire le livre ou bien un article dessus mais je voyais que ce n’était pas assez.

Au vu de son impact sur ma vie et combien cela m’avait aidé, je me suis dit que je voulais aider les gens en retour en leur permettant d’y arriver aussi.

En juin 2020, en plein Covid, l’organisation dans laquelle je travaillais subissait beaucoup de « turnover » (roulement de personnel) et j’étais donc avec mon 4ème responsable en 4 ans.  A ce moment-là, j’ai commencé à fatiguer et à me poser des questions. Lorsque ma dernière responsable a annoncé sa démission, je me suis dit que c’était le moment. Et comme une coïncidence, cette semaine-là j’avais également reçu la newsletter de Marie Kondo pour un premier cours en ligne afin d’avoir une certification de consultante. Une coïncidence qui m’est apparue comme un signe et je me suis dit qu’il fallait que je le fasse. Je me suis inscrite et j’ai suivi les cours. Je me suis certifiée en septembre 2020.

J’ai ensuite créé ma micro-entreprise en 2021, et je me suis établie en tant que consultante. J’ai lâché mon CDI que je pensais tellement vouloir et je me suis lancée complètement dans cette nouvelle aventure.

 

De quelle région du Japon, votre famille est-elle originaire ?

 

Ma mère vient du Nord du Japon dans une petite ville qui s’appelle Akita et mon père vient du Sud, de Nagasaki. Actuellement, ils vivent ensemble à Tokyo.

 

Quel est votre héritage culturel ?

 

Lié au rangement, j’ai toujours eu cette éducation que si la maison est rangée, cela montre que ta tête est aussi rangée. Et pour moi, c’était constamment ce que je voulais obtenir et que je souhaitais montrer de l’extérieur. Cependant je ne savais pas comment le faire et je me sentais perturbée.

Il y a également une sorte de pression, le Japon est connu mondialement pour le minimalisme

Le fait que j’ai vécu à l’étranger, le besoin et la volonté se faisaient ressentir mais je n’avais pas les outils nécessaires pour le réaliser. Il y avait donc une sorte de conflit entre mes origines et cet esprit de minimalisme, ainsi que le fait que cela n’était pas vraiment connu dans les endroits où j’ai vécu.

 

Pourriez-vous me décrire un peu plus en détail vos expatriations ? 

 

Mes parents ont vécu en Algérie, juste avant ma naissance à Paris. Après ma naissance, nous sommes revenus en Algérie.

Lorsque j’étais petite, entre mes 1an et demi et mes 3 ans, nous sommes rentrés au Japon. A mes 3 ans, nous avons déménagé en Espagne où j’y ai vécu jusqu’à mes 8 ans.

Puis on a déménagé en Thaïlande, à Bangkok mais entre-temps, afin d’attendre que l’ensemble de nos affaires arrivent en Thaïlande, j’ai vécu 3 mois au Japon.

Pour moi ces trois mois étaient très importants parce que j’ai dû aller à l’école japonaise. C’était un véritable choc culturel à ce moment-là. Ensuite, j’ai vécu en Thaïlande pendant 10 ans.

Puis je suis allée à Londres pour suivre mon cursus universitaire à mes 18 ans et je suis venue à Genève pour mon master.

 

Pourquoi aller à l’école au Japon, était un choc culturel pour vous ?

 

 

Je dirais qu’à ce moment-là, j’étais exposée à la culture japonaise seulement en famille, à la maison et lorsque je suivais des cours de japonais une fois par semaine. Je n’avais jamais vraiment vécu au Japon et c’était vraiment très diffèrent de ce que j’avais l’habitude de voir. Des enfants me harcelaient car je portais des pantalons venant d’Europe et j’ai ressenti que les gens n’étaient pas habitués, ne connaissaient pas vraiment les personnes étrangères.

C’est pour ça aussi que je me suis un peu éloignée de ma culture lorsque j’étais en Thaïlande par exemple car j’avais vécu cette mauvaise expérience lors de mon passage à l’école japonaise.  Cela m’a mené a un peu nié mes origines après cet évènement.

 

Comment vos parents ont-ils fait pour conserver le lien avec le Japon ? 

 

La règle à la maison était de toujours parler en japonais dans ma famille et j’avais également des heures de cours de japonais à l’école. En Espagne, j’avais des cours à la maison et à Bangkok je suivais des cours à l’école.

 

Comment avez- vous réussi à renouer avec vos origines ? 

J’ai réussi à renouer avec mes origines grâce en partie au livre et aux enseignements de Marie Kondo mais aussi grâce à mon fils car je lui parle en japonais. J’essaye de lui transmettre le bon côté de la culture japonaise.

Par exemple, je trouve qu’il y a un grand écart entre Marie Kondo au Japon et Marie Kondo à l’international. C’est une image complètement différente et j’essaye de transmettre cette vraie image de Marie Kondo originale japonaise et non cette image très esthétique de Marie Kondo globale.

Bizarrement je me retrouve à promouvoir le Japon, je ne l’aurais jamais imaginé !

 

Auriez-vous un mot pour décrire le Japon ? 

 

Je dirais que c’est plein de contradictions.

  

Pourriez-vous développer cette idée ? 

 

 

Oui bien sûr, comme je le disais, les personnes ont cette image du Japon très zen, très minimaliste, tout doit être parfait.

Mais de l’autre côté on a complètement l’opposé on a une sorte de maladie qui s’appelle « l’hikikomori « avec des jeunes de 18 ans qui ne sortent plus de la maison, qui n’ont plus de contacts sociaux. Ils restent constamment dans leur chambre avec toutes leurs affaires. Leurs espaces sont très encombrés etc. C’est une maladie sociale qui est très forte au Japon.

Il y a également l’accueil des étrangers et où tout le monde est le bienvenu mais c’est en réalité un pays qui reste très fermé. Il y a encore cette mentalité de personnes qui habitent dans une île. C’est donc pour cela qu’il y a beaucoup de contradictions. C’est un pays qui aujourd’hui essaie d’être plus global mais qui est encore assez fermé dans beaucoup de sens.

Pour moi, ça a été aussi un peu difficile de naviguer parce que je suis étrangère même en étant japonaise d’origine. Lorsque j’y allais, certaines fois on me traitait comme une touriste, on me questionnait sur mes origines pour savoir si j’étais réellement japonaise. On m’a même dit que je parlais bien japonais. Mais en même temps il y a aussi ce standard japonais que je dois suivre, comme connaître les formes de politesse envers quelqu’un qui est plus âgé que moi etc. Les relations là-bas ne sont pas toujours évidentes.

C’est un pays qui repose sur énormément de tradition et sur une hiérarchie sociale et cela peut être compliqué parfois. Même la langue que l’on utilise peut changer en fonction de notre interlocuteur.

Même si j’adore y aller, je pense que je ne pourrais plus jamais y vivre de manière permanente.

 

Pouvez-vous nous expliquer votre concept ? Comment avez-vous commencé ?

 

J’ai établi officiellement mon concept l’année dernière. Mon travail au quotidien est tout d’abord de transmettre cette autre vision de la méthode Konmari, de rassurer les gens et de leur faire comprendre que ce n’est pas du minimalisme radical, mais que c’est accessible à tout le monde. C’est quelque chose qui revenait souvent avec les personnes de mon entourage.

Ils me disaient « Non, ce n’est pas pour moi ». Mais en fait la joie c’est pour tout le monde. Cette étincelle de bonheur, tout le monde veut la trouver.

Donc cette première chose est de vraiment promouvoir cette vraie image de la méthodologie et c’est pour ça que j’aime cet esprit de collaboration avec Chouette Journey car ça m’aide vraiment à répandre ce message.

Ensuite, si nous partons plus en détail, j’aide les gens chez eux. Donc je fais des séances individuelles dans leur domicile. Je les aide à vraiment mettre en place la méthodologie du début à la fin.

Ceci commence par la visualisation de la vie idéale, pas seulement à partir de ton espace son organisation mais plutôt comment la personne souhaiterait se sentir, qu’est-ce qu’elle souhaiterait vivre, quels sont ses objectifs. C’est une sorte de coaching.

Ceci permet d’avoir une vision claire de pourquoi on va ranger car à la fin la maison rangée, ce n’est qu’un bénéfice parmi tant d’autres mais ce n’est pas l’objectif final. Pour moi l’objectif final est de créer un environnement, une ambiance, une maison où la personne se sent capable et soutenue pour atteindre leur vie idéale. Ça commence donc par définir ça.

 

Et puis c’est vraiment le rangement avec la procédure Konmari. J’aide les gens à ranger par catégorie chez eux. Je le fais en présentiel pour vraiment les aider tout au long du parcours avec le tri et cette étincelle de bonheur.  Je préfère leur dire de se focaliser sur ce qu’ils souhaitent garder plutôt que sur ce qu’ils veulent jeter.

 

Petit à petit, on trie et après je leur apprends à ranger pour que tout soit visible, accessible et aussi joli. C’est aussi choisir une place pour chaque élément que l’on souhaite garder et comme ça on ne le laisse pas traîner dans la maison.

 

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ? 

 

Bonne question, c’est vraiment le fait que je puisse aider les gens. Comme je te le disais, en parler ne suffisait plus et là je sais que je peux les aider et voir le changement.

J’avais une cliente qui voulait trier ses vêtements car elle était enceinte et elle souhaitait faire de la place pour son bébé. C’était une sorte de devoir, elle devait faire de la place. Donc on a commencé avec ses vêtements et elle avait un petit peu de mal. Après 3h de rangement, elle était un peu fatiguée et j’ai donc décidé de faire une pause et de continuer lors d’un prochain rendez-vous.

Et le lendemain matin, elle m’a écrit et m’a dit qu’elle avait tout fini et qu’elle ne pouvait plus s’arrêter. Elle était tellement motivée, qu’elle a travaillé jusqu’à tard dans la nuit et le lendemain elle s’est réveillée avec l’envie de trier.

C’est de voir cela qui me motive au quotidien.  Que ça n’arrive pas qu’à moi et que ça peut changer la vie d’autres personnes.

 

Retournez-vous régulièrement au Japon ? 

 

J’aimerais bien y retourner prochainement mais pour l’instant c’est encore assez fermé (de nombreux formulaires et papiers administratifs à remplir, tests Covid).

 

Faites-vous des voyages pour le plaisir ? 

 

Oui, j’aime voyager pour le plaisir même si je n’en ai pas trop l’occasion avec le Covid et mon concept naissant. Mais j’étais à Londres, il y a deux semaines et j’ai pu retrouver mes habitudes et mes endroits favoris là-bas.

 

Auriez-vous un souvenir que vous aimeriez partager avec nous ?  

J’aime beaucoup faire de l’apnée et de la plongée. Jusqu’en 2020, chaque année, nous partions en voyage de plongée ou d’apnée. C’était super sympa pour moi car cela me permettait de découvrir de nouveaux pays et de nouvelles cultures, non seulement sur terre mais également sous l’eau. Ceci pour moi était magnifique.

 

 

 

Avez-vous un endroit spécifique au Japon à recommander aux voyageurs ? 

 

Oui avec plaisir, j’aimerais mettre en lumière la ville d’Hakone, une ville de montagne pas loin de Tokyo. C’est une ville vraiment agréable, facile d’accès (escale parfaite entre Osaka et Kyoto), en pleine nature (elle se situe dans un parc national), avec des jolis hôtels traditionnels (Ryokan) et des bains thermaux (Onsen).

 

 

Si vous avez de la chance, vous pourrez avoir une vue magnifique sur le Mont Fuji et le Lac Akashi. Côté culture, la ville est éparpillée de musées de toutes sortes. Pour les gourmets il y a même un resto Nobu.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans le concept Chouette Journey ? 

 

C’est de faire venir des personnes qui sont intéressées, qui sont ouvertes d’esprit et qui ont cette passion partagée pour une culture étrangère. Ce concept réunit des personnes qui ont une passion commune, une passion pour le voyage avec cette envie de connaître des cultures étrangères.

 

Souhaiteriez-vous ajouter une citation qui vous inspire ? 

 

Oui, bien sûr:

“I will now close my mouth, hoping that you will open yours” – Rumi

Et j’aimerais également ajouter une citation qui me tient à cœur :

“KonMari is not minimalism, it’s joy-maximalism”

Références 

https://www.ateliertokimeki.com

https://www.instagram.com/ateliertokimeki/

 

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